La Commission européenne a annoncé, le 25 septembre 2025, l’ouverture d’une procédure antidumping visant les importations d’urée en provenance de Russie. Cette décision fait suite à une plainte déposée le 11 août par Fertilizers Europe, représentant l’industrie européenne de l’urée.
Un produit stratégique
L’urée concernée couvre différentes teneurs en azote, sous forme solide ou en solution aqueuse, avec ou sans additifs. Les importations visées relèvent actuellement des codes NC 3102 10 12, 3102 10 15, 3102 10 19 et 3102 10 90.
Allégations de dumping
Selon les plaignants, les prix russes de l’urée bénéficient d’un avantage artificiel lié au coût du gaz naturel, intrant majeur dans la fabrication de ce produit, fixé à des niveaux artificiellement bas par l’État russe. Cette distorsion aurait permis aux producteurs russes d’exporter vers l’Union européenne à des prix inférieurs à la valeur normale, causant un préjudice important à l’industrie européenne.
Conséquences pour l’industrie européenne
La plainte évoque une augmentation significative des volumes importés depuis la Russie, avec des effets négatifs sur les prix, les parts de marché et la rentabilité des producteurs européens. L’emploi et la situation financière du secteur seraient également affectés.
Procédure et calendrier
L’enquête porte sur la période du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025 et analysera les tendances depuis janvier 2022. Les producteurs russes, les importateurs européens et les utilisateurs sont invités à coopérer. La Commission pourra imposer des droits provisoires dans un délai de 7 à 8 mois, et l’enquête doit s’achever dans un délai maximal de 14 mois.
Enregistrement et mesures possibles
La Commission a également annoncé son intention de soumettre les importations d’urée russe à enregistrement douanier, afin de faciliter une éventuelle perception rétroactive des droits. Si le dumping et le préjudice sont confirmés, des droits antidumping définitifs pourront être institués.
