Dans un contexte de tensions commerciales croissantes, les États-Unis ont adopté de nouvelles mesures tarifaires à l’encontre de plusieurs partenaires commerciaux, dont l’Union européenne. En réaction, la Commission européenne temporise ses contre-mesures pour laisser place à la négociation, tout en préparant un dispositif de rééquilibrage.
Droits américains sur l’acier, l’aluminium et les dérivés
Depuis le 4 juin 2025, les États-Unis appliquent un droit additionnel de 50 % sur les importations d’acier et d’aluminium, incluant les produits dérivés comme les pièces automobiles ou aéronautiques. Ces droits ne s’appliquent que sur la partie « acier/aluminium » des produits classés aux chapitres 73 et 76 du HTS.
En cas d’origine de fusion ou de coulée inconnue, les produits sont considérés comme russes et taxés à 200 %.
Extension aux appareils électroménagers
Depuis le 23 juin, les produits comme les lave-linges, réfrigérateurs ou fours contenant de l’acier sont également concernés. La teneur en acier est soumise à un droit de 50 %.
Mesures sur les véhicules et pièces détachées
Les importations de voitures et pièces automobiles sont soumises à un droit ad valorem de 25 % depuis le 3 avril (véhicules) et le 3 mai 2025 (pièces). Un dispositif de compensation allant jusqu’à 3,75 % de la valeur est mis en place pour les constructeurs américains.
Tarifs réciproques et seuil de minimis
Depuis le 5 avril 2025, tous les produits importés aux USA sont soumis à un droit de 10 %, avec un relèvement à 20 % prévu pour les produits européens à partir du 1er août 2025. Le régime de franchise de minimis (< 800 $) a été supprimé pour les colis venant de Chine et Hong Kong, désormais taxés à 54 % ou 100 $ par colis.
Suspension temporaire des contre-mesures de l’UE
En réponse, la Commission européenne a adopté les règlements d’exécution 2025/778 et 2025/786 pour rétablir, puis suspendre, des droits additionnels de 25 % sur une liste de produits américains. Cette suspension est en vigueur jusqu’au 14 juillet 2025, et pourrait être prolongée jusqu’au 1er août pour s’aligner sur la stratégie américaine.
Surveillance accrue des détournements de flux
La Commission a mis en place un groupe de travail "trade diversion" chargé d’analyser chaque mois les hausses anormales d’importations dans l’UE. Les producteurs européens sont invités à signaler toute distorsion via CIRCABC.
Conclusion
Face à une guerre commerciale à géométrie variable, les entreprises européennes doivent adapter leur stratégie douanière. Les outils de veille (HTS, Access2Markets, ACE, etc.) et les cellules conseil des douanes sont des relais essentiels pour anticiper les impacts tarifaires et sécuriser les flux transatlantiques.
