L’Union européenne frappe la vanilline chinoise d’un droit antidumping
Contexte et ouverture de l’enquête
Le 24 mai 2024, la Commission européenne a ouvert une enquête antidumping concernant les importations de vanilline en provenance de la République populaire de Chine, à la suite d’une plainte de l’entreprise Syensqo, représentant plus de 98 % de la production européenne de vanilline. Cette plainte dénonçait une concurrence déloyale entraînant un préjudice économique grave pour l’industrie européenne.
Produits concernés
La décision concerne toutes les formes de vanilline dont la pureté excède 95 %, qu’il s’agisse de vanilline synthétique, naturelle, biosourcée (biovanilline) ou d’éthylvanilline. Ces produits, utilisés dans les secteurs alimentaires et cosmétiques, sont considérés comme substituables et donc inclus ensemble dans l’enquête.
Dumping et distorsions de marché
L’enquête a démontré l’existence de distorsions significatives dans l’économie chinoise, affectant les prix des intrants, les coûts de production, le marché du travail et du capital. Ces distorsions sont alimentées par l’intervention massive de l’État chinois, notamment à travers les plans quinquennaux et le rôle structurant du Parti communiste chinois dans l’industrie chimique. La Commission a donc établi que les prix chinois ne reflètent pas des conditions de marché équitables.
Méthodologie de calcul
En raison de ces distorsions, la Commission a utilisé une méthode alternative pour déterminer la « valeur normale » des produits chinois, en se basant sur les coûts de production au Brésil, choisi comme pays de référence. Les coûts non faussés ont été déterminés à partir des prix internationaux et des données statistiques publiques sur les matières premières et la main-d’œuvre.
Décision finale
Le 11 juin 2025, la Commission a instauré un droit antidumping définitif sur la vanilline chinoise. Les principaux producteurs visés sont Jiaxing Zhonghua Chemical Co., Ltd et Jiangxi Brother Pharmaceutical Co., jugés liés financièrement. Les taux appliqués reposent sur une moyenne pondérée de leurs pratiques de dumping. Les autres exportateurs ayant coopéré mais non inclus dans l’échantillon se voient appliquer le même taux moyen. En revanche, les exportateurs n’ayant pas coopéré sont soumis à un taux plus élevé.
Impact sur le marché européen
Cette décision vise à rétablir des conditions de concurrence équitables pour les producteurs européens de vanilline, notamment face à une surcapacité croissante en Chine. La Commission souligne que sans ces mesures, l’industrie européenne risquait des pertes supplémentaires et des fermetures d’usines.
Durée et suivi
Le droit antidumping est prévu pour une durée de cinq ans. La Commission a laissé ouverte la possibilité d’un réexamen ou d’un ajustement en fonction des évolutions du marché ou des requêtes émanant de nouveaux exportateurs.
